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Zek II: L'exil intérieur

Sunday, January 23, 2005

Incipit

Après deux mois d'absence, je mets en ligne ce nouveau blog dont l'ambition est d'approfondir mes réflexions sur l'effondrement rapide de la civilisation européenne. Zek's Blog: Only the paranoïd survive est une oeuvre close, un catalogue amer et ironique des symptômes délirant de cet effondrement; c'est le témoignage d'un être qui a appris, dans son enfance, un certain ordre des choses, qu'il voit s'effondrer sous les coups de boutoir du carnaval pervers que les bourgeois gâtés de Mai 68 nous jettent à la figure quotidiennement, et qui a la faiblesse de croire que cet ordre ancien était plus naturel et plus heureux que le chaos d'arbitraire et d'hypocrisie -- et son inévitable cortège de contradictions -- qu'on lui a substitué.
Je veux désormais traiter les inconséquences et la veulerie de mes prétendus compatriotes comme les menus travers d'un peuple étranger et incompréhensible. Le hasard m'a fait naître dans un pays où l'on passe en justice pour xénophobie, tandis qu'une feuille de chou intitulée "l'Anti-Américain" vomit sa haine impunément; où les mêmes "enseignants en colère" (des gens payés pour ensiegner la logique et l'arithmétique à nos enfants...) défilent en 2003 contre l'allongement de la durée des cotisations, et en 2005 pour "défendre le pouvoir d'achat" érodé par la hausse des prélevements sur leur salaire. J'ai longtemps eu honte d'être français, des cocoricos et des rodomontades de ces êtres légers pour lesquels la parlotte compte plus que l'action; et des inévitables munichs et débandades en tous genres qu'implique nécessairement cette attitude irresponsable; je désire maintenant me laver les mains de la connerie suicidaire de ce non-peuple, et le considérer avec la même indifférence que les Norvégiens ou les Tamouls--je suis un étranger exilé au milieu de gens que je ne comprends pas. Ce qui se passe ici ne me concerne pas plus que n'importe quelle déclaration d'un dictateur africain ou qu'un règlement de comptes dans le port de Buenos-Aires. Je ne veux plus me servir de l'actualité que froidement, dans la mesure où elle peut nourrir ma réflexion sur des problèmes généraux. Mes coups de gueule proprement dits seront brefs et réservés au forum des "Pères Fondateurs".
On a fort bien préparé les Français à la tyrannie qui les attend. La soi-disant construction européenne les a habitués à subir le joug d'idéologues qu'ils n'ont pas choisis et qui leur imposent un destin qu'ils désapprouvent. Les gens n'ont pas la moindre idée de la composition de la Commission Européenne, aucune de ces personnes, ni aucun député du Parlement Européen, ne s'est donné la peine de faire campagne devant eux. Ceux qu'ils ont élus leur expliquent en rigolant que ceci ou cela est inévitable parce que "Bruxelles l'exige". On leur demande d'approuver une interminable "constitution" non pas au nom du contenu de cette constitution mais pour ne pas trahir un idéal sacré, qu'on s'évertue par ailleurs à vider de tout contenu: les europhiles turcophiles qui ont éradiqué tout visage humain sur les billets de banque seraient bien en peine de nous expliquer ce qu'est l'Europe. La majorité des gens sont opposés à l'entrée de la Turquie, tout en étant persuadés qu'elle se fera de toute façon, puisque dans ces affaires leur opinion ne compte pas et que seul importe de sauver les apparences démocratiques. Les "responsables" politiques sont d'ailleurs du même avis et temporisent, pensant faire avaler la pilule d'une façon ou d'une autre, avec le temps.
Le politiquement correct a entériné l'existence d'aristocraties jouissant de privilèges inouïs: quotas, subventions, places réservées..., et qu'il est interdit de critiquer. Depuis l'infâme loi sur l'homophobie (où figurait-elle dans le programme électoral de Jacques Chirac?), il existe des droits que les Iraniens ont et que les Français n'ont pas...on les convaincra peut-être un jour de troquer un système où il est interdit de critiquer les représentants autoproclamés des homosexuels, contre un autre où il est interdit dire du mal du clergé, qu'est-ce que ça peut leur faire?
Décisions venues d'en haut contre lesquelles on ne peut rien, compartimentation de la population en tribus dont certaines sont au-dessus des autres: les conceptions des Lumières ne sont plus que de fragiles bibelots de musée.

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