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Zek II: L'exil intérieur

Monday, February 07, 2005

Non cogito ergo non sum

Je suis convaincu que le but poursuivi par les gauchistes qui régissent notre existence est l'abolition pure et simple de l'individu, son remplacement par une masse informe d'organismes décérébrés et contrôlables à souhait. Les preuves abondent: uniformisation des moeurs par le biais d'une éducation castratrice et du lavage de cerveau des médias, bridage de la liberté d'expression, censure des créateurs rebelles aux canons idéologiques et esthétiques du pouvoir, persécution des entreprises et travailleurs indépendants, embrigadement de la jeunesse par l'hystérie de masse sous couvert de "fête" et de "solidarité", interdiction faite aux personnes de se défendre face aux assauts des meutes et hordes diverses, substitution à l'identité individuelle d'identité collectives fondées sur la race, les préférences sexuelles, ou la nationalité, pour autant qu'elles aient des connotations victimaires, etc.
Les conservateurs de tradition maurrassienne, eux, de Chevènement à Alain de Benoist en passant par Houellebecq et De Villers, accusent au contraire les gauchistes de promouvoir un individualisme forcené, une recherche de la jouissance personnelle sans entrave, qui se fait au détriment du tissu social, de la famille, de la nation, du village, c'est-à-dire des diverses tribus qui d'après eux jouent un rôle
prépondérant dans la formation de la culture, et auxquelles l'individu devrait être subordonné.
Leur accusation est donc rigoureusement l'inverse de la mienne; là où je vois les effets destructeurs du collectivisme, ils voient les conséquences de l'isolement et du manque d'entraves d'individus déboussolés par l'excès de liberté: drogue, grossesse adolescente, maladie vénerienne, criminalité...les maux actuels sont à leurs yeux le résultat de la dégradation du contrôle social auquel la collectivité soumettait jadis la personne.
La résolution de cette contradiction se trouve dans la distinction entre individu et organisme. La bestialité promue par les gauchistes n'est nullement individualiste -- ils aiment d'ailleurs les partouzes, la promiscuité et la baise de masse tout comme ils apprécient les manifs, sit-in, pétitions et autres comportements de troupeau -- elle prétend au contraire asservir l'individu à son organisme pour mieux le fondre dans la masse. Un individu n'est pas un corps, c'est quelque chose qui se construit à partir de la conscience, et on peut détruire cette conscience par la captivité, le travail forcé, le harcèlement politique, la calomnie, la manipulation, c'est à dire par les armes traditionnelles du tchékisme. Mais on peut aussi la tuer en la faisant étouffer par le corps qui l'abrite, en tranformant ce corps en un Moloch avide de diverses excitations nerveuses, pour l'abrutir l'homme au point de ne plus savoir qui il est. L'individu n'est pas donné a priori, ce n'est pas parce qu'on dort et qu'on mange qu'on peut prétendre à ce titre. L'individu se construit à partir de sa conscience, grâce à ses interactions avec le monde extérieur: lecture, expérience de la vie, réflexions personnelles, succès, échecs, souffrances, éducation ... Coupez l'individu de ces interactions, que ce soit par les stupéfiants, les musiques tonitruantes, la télévision, le matraquage pornographique, rendez-le l'esclave d'un organisme affaibli, déséquilibré par ses hormones, en manque constant de nourritures chimiques, vous aurez là un matériau aussi propice au collectivisme absolu que tous les goulags de Staline.

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