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Zek II: L'exil intérieur

Sunday, March 06, 2005

Le socialiste et le tragique de la liberté

Le socialiste, qui ne croit pas en l'individu autonome et unitaire, est fort logiquement incapable de considérer que la situation d'une personne puisse être le résultat de ses choix passés. Il n'admet donc pas que l'on puisse laisser aux gens leur liberté avec comme corollaire la responsabilité de leurs actes. Le socialiste est gorgé d'amour et de compassion pour les "plus démunis" dont il considère par ailleurs qu'ils sont incapables de faire un choix correct pour eux-mêmes et leurs enfants. Sans l'Etat pour le prendre en main, le "plus démuni" refusera de "se former", "d'éveiller ses enfants à la culture",de se "constituer une couverture maladie", d'"épargner pour sa retraite", etc. Le socialiste rétorquera qu'il n'en a "pas les moyens", ce qui est parfois le cas, mais dans son esprit cela inclut également les cas où ce manque de moyens résulte des choix passés du même individu.
Les "familles monoparentales" ont droit à la sollicitude toute particulière du socialiste; d'une part parce que pour lui, la famille sans homme est celle de l'avenir, d'autre part parce qu'elle est fragile et dépendante et donc un terrain idéal pour que le socialiste exerce son altruisme. Celui-ci s'interdit tout d'abord de se demander pourquoi la famille est "monoparentale", et pourquoi le nombre de ces familles augmente. A l'heure de la contraception et de l'avortement, nulle n'est obligée d'avoir un enfant hors mariage. Une grande partie de ces personnes sont donc responsables de leur situation. Mais pour le socialiste, le "plus démuni", plus proche de l'animal que de l'homme, est ontologiquement incapable de prendre une décision raisonnable, et n'a pas à être pénalisé pour ses décisions déraisonnables. Qu'inversement, ces familles "monoparentales" puissent être des réponses parfaitement rationnelles à la brochette d'allocations associées à cet état, notre socialiste ne veut pas en entendre parler non plus, bien qu'il se flatte sans doute en privé de rendre ces femmes autonomes et de les affranchir de l'oppression machiste en les condamnant à l'assistanat perpétuel. Avant que le socialisme ne régisse notre vie quotidienne, les parents n'avaient de cesse que leur fille se marie pour éviter ce genre de désagréments. Depuis, la société a évolué, mais on peut supposer qu'une personne responsable envisage de se marier ou de s'assurer les ressources suffisantes avant d'avoir un enfant. Le socialiste n'accepte pas qu'on soit "dans la merde" parce qu'on a fait "une connerie". Donnons donc de l'argent à ceux qui ont fait une connerie, et faisons semblant de nous étonner que les gens en fassent de plus en plus.
Le socialiste est également très concerné par la "fatalité de la pauvreté". Il est vrai qu'il vaut mieux être né dans une famille riche que dans une famille pauvre. Tout comme il vaut mieux être né travailleur que paresseux, habile de ses doigts que maladroit, intelligent que bête. Et cette "inégalité de destin" est insupportable au socialiste. C'est pour cela qu'il donne beaucoup d'argent aux familles pauvres. Mais ça ne suffit pas, puisque comme chacun sait, elles sont incapables de faire des choix corrects. Il est donc très important que leurs enfants soient éduqués dans un cadre collectif favorisant la "mixité sociale", et non pas dans la famille où ils hériteront des tares de leur parents: alcoolisme, fainéantise, violence conjugale...Le socialiste croit dur comme fer que seul le cadre collectif est propice à l'éducation des enfants pauvres, l'explosion de la violence scolaire devant sans doute être imputée au milieu familial qui, comme chacun sait, est chaque jour plus étouffant.
A la crèche, donc, dès le plus jeune âge (car c'est là que "tout se joue"), à l'école ensuite, au centre aéré pendant les vacances scolaires (vacances scolaires qui perpétuent les inégalités car les enfants passent du temps dans leur famille, mais qui sont un mal nécéssaire pour gérer le "malaise" du corps enseignant), sans oublier l'assistante sociale qui vient aider les enfants à faire leurs devoirs...Bref, l'idéal est que les enfants passent le plus clair de leur temps en collectivité, et pas avec leurs parents. Mais alors, la vie de ces parents est exactement comme si...ils n'avaient pas d'enfants? Avec comme seule différence le fait qu'ils touchent les précieuses zallocations. De là, il n'y a qu'un tout petit pas à faire pour conclure qu'au lieu de dépenser tant d'argent en allocations et en prise en charge pour éviter que les enfants pauvres ne vivent dans leur famille, on pourrait tout simplement interdire aux pauvres de faire des enfants. La situation serait exactement la même, sauf qu'il y a des enfants (pauvres) qui ne seraient pas nés, mais on voit mal pourquoi ce genre de considérations interviendrait alors qu'elles passent à la poubelle lorsqu'il s'agit d'encenser des progrès sociaux comme l'avortement.
Nos socialistes taxeront sans hésiter de nazi quiconque prétendrait interdire aux familles pauvres de faire des enfants, et pourtant ils essayent dans l'idéal de répliquer une situation presque identique au moyen d'une batterie très coûteuse de subventions et d'allocations, qui par ailleurs incitent ces familles à faire beaucoup d'enfants dont on ne veut surtout pas qu'elles s'occupent.
Le socialiste est incapable d'assumer le tragique de la liberté: que des situations inégales résultent des libres choix inégaux de personnes inégales. Mais il ne reconnaîtra jamais que c'est par conséquent l'abolition de cette liberté qu'il prône.

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