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Zek II: L'exil intérieur

Wednesday, June 29, 2005

La France est-elle mûre pour la dictature?

Un mois après le "séisme" du 29 mai, retour à la normale: les politiciens professionnels se positionnent pour la présidentielle, les gendarmes encaissent les contraventions, tournant le dos aux incendies de bagnoles, le gouvernement se "mobilise" contre le chômage en changeant les sigles des sempiternels replâtrages (emplois aidés, contrats d'insertion...) qui ont prouvé leur inefficacité.
Le 29 mai, où 55 % des Français ont désavoué la totalité des "partis de gouvernement", n'a donc pas plus sorti les élites de leur torpeur que le 21 avril.
La France est mûre pour la dictature. Les Français n'ont plus besoin que d'un petit déclic, d'un insignifiant bond conceptuel pour l'accepter.
Puisque mes prétendus représentants se préoccupent de ma sécurité en me persécutant à coups de radars automatiques;
Puisqu'ils ont confié l'éducation de mes enfants à des idéologues incompétents et dangereux;
Puisqu'ils se sont accaparés la culture et la morale;
Puisqu'ils distribuent passe-droits et privilèges ainsi que mon argent à leurs clientèles tandis que je fais face quotidiennement au déni de justice;
Alors ce ne sont pas mes représentants et si j'ai glissé dans l'urne un papier avec leur nom écrit dessus, c'est simplement parce que je considérais que ce choix était moins mauvais que les autres.
Qu'est-ce que ça peut donc me faire que ceux qui me prennent mon argent et m'oppriment le fassent au nom des "droits de l'homme" et de la "citoyenneté" plutôt que pour satisfaire à leur égo de Généralissimo ou de Conducator?
Voilà ce que les Français ont dit aux hommes politiques le 29 mai, et quoi de plus emblématique de la culture de l'incantation inopérante, du donnage de leçon moralitaire, du formattage constructiviste que l'Union Européenne?
En réponse de quoi, les politicards ont empilé quelques sacs de sable autour de leur bunker et se sont tranquillement rendormis. La vérité est qu'ils n'ont pas de prise sur le réel et qu'ils se savent. Ce n'est pas à coups de décrets et d'ordonnances qu'on s'attaque aux territoires réservés des syndicalistes, des caïds de banlieue ou des milliardaires de la Beauce.
Le pays est prêt à se jeter dans les bras de n'importe quel Bonaparte de Prisunic, du moment que ce dernier ne s'appelle pas Le Pen. La focalisation hystérique des haines contre le borgne -- qui n'est autre que le bouffon du régime -- en désamorçant toute conscience démocratique objective, facilite d'ailleurs la tâche des apprentis dictateurs de demain.