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Zek II: L'exil intérieur

Sunday, January 29, 2006

Moi et Pinochet

Je vais décevoir une partie de mes admirateurs et la plupart de mes détracteurs avec l'aveu suivant: je n'ai pas de sympathie pour Pinochet. Je sais qu'il existe sur le web un certain snobisme aux poses guerrières qui voudrait que celui-ci eût sauvé le Chili; nous ne le saurons jamais mais ce que nous savons c'est que son régime était une dictature qui a fait des milliers de victimes innocentes. Qu'il ait rétabli l'économie chilienne grâce aux préceptes de "l'école de Chicago" n'excuse rien, pas plus que la laïcité n'excuse les cuves d'acide de Saddam ni les autoroutes et le plein emploi n'excusent la solution finale. Je connais pas mal de chiliens, tous libéraux-conservateurs et membres de la classe dirigeante. Ils exècrent Allende et sa clique de communards, ils affirment tous que la classe moyenne chilienne avait applaudi au coup d'Etat de Pinochet; pour être horrifiée quelques mois après par la brutalité de la répression. Taxer, comme le font certains, les milliers de victimes du régime de "terroristes communistes", procède de la vile rhétorique totalitaire.

Tuesday, January 10, 2006

Derrida vs. Zarqaoui

Les tenants du "choc des civilisations" ne commettent qu'une erreur: croire que la civilisation qu'attaquent les djihadistes est l'Occident, comme en sont d'ailleurs convaincus ces mêmes djihadistes.
Si l'Occident se définit (de façon intentionnellement vague) comme un mélange d'éthique politique individualiste issue des Lumières (habeas corpus, liberté d'expression, propriété privée, égalité des droits...) et de morale judéo-chrétienne (libre arbitre, dix commandements...), alors la société qui prévaut à Paris, Barcelone ou San Francisco n'a rien d'occidental.
Elle ne partage avec l'occident que la localisation géographique et un certain niveau de vie matériel, qui est d'ailleurs l'unique chose que la population veut préserver face à l'offensive djihadiste.
La société dans laquelle nous vivons n'est pas occidentale, elle est postmoderne. Son fondement moral n'est pas le christianisme, mais le relativisme multiculturel. Son fondement politique n'est pas l'individualisme des lumières, mais le communautarisme politiquement correct.
La société postmoderne nie la nature humaine, réduite à une prétendue sensibilité victimaire, au point d'abolir la culture et la science. Elle rejoint par là la société islamique qui abolit la culture et la science au nom d'une nature humaine exacerbée jusqu'à la caricature, dans ses aspects guerriers, sexuels, et dans les relations de dominance entre les êtres.
La société postmoderne s'est substituée à l'occident qu'elle a détruit vers 1970. Dans une société postmoderne, la culture occidentale est plus ou moins proscrite, pas tellement mieux traitée que le christianisme dans les pays islamiques. Sapins de Noël et crèches sont bannis des écoles, les manuels scolaires sont de plus en plus expurgés de textes écrits avant 1970, les pièces de théâtre sont censurées parce qu'elles pourraient offenser tel communautarisme victimaire...
En terre d'Islam, les droits d'un individu dépendent de son sexe et de son appartenance à la Oumma.
Chez les PoMo, les droits d'un individu dépendent du degré de victimitude du groupe communautaire auquel il appartient. Le Code civil et la déclaration des droits de l'homme sont des textes anciens sans valeur juridique. La juge ne se demande pas qui a fait quoi, mais laquelle des parties est plus basanée que l'autre, quel organe sexuel ont-ils entre les jambes et quelles sont leurs préférences en la matière.
Le ressortissant Iranien n'a pas le droit de critiquer l'islam, mais le Français n'a le droit de critiquer ni l'Islam, ni l'homosexualité.
La seule chose que l'on a le droit de critiquer en terre PoMo, c'est l'Occident.
La seule chose que l'on n'a pas le droit de critiquer en terre d'Islam, c'est l'Islam (ce qui fait beaucoup vu que ce dernier prétend régir tous les aspects de l'existence).
Le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme en zone islamique, mais que vaut celui d'un homme, face à une femme, dans une affaire de viol ou de garde d'enfant, en zone PoMo?
Les femmes ne sont que spectatrices dans les mosquées, mais on s'apprête à fermer des entreprises et à mettre des travailleurs à la rue, en Norvège, parce que leur conseils d'administration ont une composition féministement incorrecte.
Les manuels coraniques sont expurgés de l'histoire pré-islamique, et les manuels scolaires PoMo sont expurgés de la majorité de textes pré-soixante-huitards, parce que ceux-ci véhiculent des stéréotypes soi-disant nuisibles. Personne ne prend la peine de nous expliquer en quoi ces stéréotypes sont nuisibles, ni même en quoi ils sont des stéréotypes. Si l'on se pose la question, on arrive à la conclusion que ces représentations sont proscrites parce qu'elles valident la nature humaine ou sont tirée de la culture occidentale.
Ainsi, il est impossible de représenter une mère dans un manuel PoMo, parce que cela "enferme la femme dans un rôle traditionnel, et blablabla et blablabla". Et comme il est impossible de représenter un homme dans un rôle de mère, au grand dam des auteurs de ces manuels, il n'y a tout simplement pas de mère dans ces manuels (il y a des plombiers et des pilotes de chasse, qui sont bien entendu des femmes). On voit mal pourquoi le fait qu'une femme se consacre à ses enfants est négatif, si ce n'est que cela a été le cas dans la grande majorité des cultures, des époques historiques, ainsi d'ailleurs que chez les primates et la plupart des mammifères. On comprend cependant très bien pourquoi avec de telles représentations, le taux de reproduction biologique de la société PoMo la conduit à une extinction rapide -- les mollahs de Téhéran et les Frères Musulmans en ont pris bonne note.
Lorsqu'un texte n'est pas censuré parce qu'il décrit la nature humaine, il l'est à cause de son contexte occidental, soi-disant offensant à l'égard des minorités victimes, dont on se demande pourquoi elles sont, supposément, si intolérantes (parce qu'elles ont beaucoup souffert, répond le PoMo). Donc, pas de contes de Noël, pas de trois petits cochons...j'ai lu dans un ouvrage américain qui décrit la façon proprement Orwellienne dont les manuels scolaires américains sont passés au crible de la police de la pensée, qu'il ne fallait pas y mentionner les montagnes, qui offensaient ceux qui vivent dans la plaine, et vice-versa, ni la chouette, animal tabou chez quelque obscure tribu indienne.
L'auteur faisait remarquer que les chouettes existent. Pour ne pas offenser un soi-disant groupe ethnique, le relativisme multiculturel victimaire en arrive à la négation pure et simple de la réalité objective.
Le Coran fait tabula rasa de tout autre livre, et la Sharia abolit tout autre mode d'existence.
Le Post-modernisme abolit le sens, parce que le sens exclut, et, dans un monde où il existe un grand nombre de "cultures", toutes supposées intolérantes et victimaires, il existe nécesssairement une "culture" offensée par cette exclusion. D'où l'abolition de toute expression, et ce n'est pas un hasard si, comme l'ont fait remarquer Sokal et d'autres, la loghorrée des penseurs post-modernistes est vide de sens. La fin du sens, donc la fin de la pensée, et la réduction du langage à un simple bruit blanc, pareil à de la soupe radiophonique, est au coeur de leur agenda politique.
Le nihilisme post-moderne n'a rien à envier au nihilisme islamique. Et bien entendu, ce dernier, en tant que l'un des groupes victimaires les plus actifs de la société PoMo, ne peut qu'y prospérer.

Tuesday, January 03, 2006

Le premier janvier 2006, vers sept heures du matin, deux bandes de sauvages ont attaqué un train en gare des Arcs (Var) terrorisant les passagers et commettant un viol.
Les Français en ont été informés par une dépêche de presse le trois janvier en début d'après-midi, soit plus de quarante-huit heures après les faits.
Pourquoi ce fait grave, dont plusieurs centaines de personnes ont été témoins et/ou victimes, a-t-il été caché pendant deux jours?
Réponse: parce que le premier janvier à 7h00, il fait nuit. Cet acte de barbarie c'est donc déroulé dans la nuit du 31 décembre 2005 au 1er janvier 2006.
Or, les consignes du Politburo étaient claires: pas d'incidents majeurs pendant la nuit de la Saint-Sylvestre. La population déjà bien anesthésiée peut certes gober qu'une hausse de 30 % des incendies criminels de voitures n'est pas un incident majeur, à condition cependant de ne pas trop en rajouter. Une attaque de rebelles à la soudanaise ou à la nigériane, ça fait désordre dans le phare de la civilisation et des droits de l'homme. Surtout lorsqu'il s'agit de lever prématurément "l'Etat d'urgence" (à la suite de quelles menaces?) sous prétexte que "tout est rentré dans le calme".
Comme cela a déjà été le cas lors du tabassage (si ma mémoire est bonne) d'un rabbin, les autorités ont adopté la technique du délai. Comme le faisait observer Tolstoï, plus un acte est lointain dans le passé, plus il nous paraît inévitable; et plus il est inévitable, moins il est révoltant. De plus, le délai permet d'étaler artificiellement les faits divers pour les faire mieux apparaître comme des actes isolés, un des mots-clés de la novlangue irresponsable et autruchière de la république moribonde (et qui figure dans le top ten des expressions les plus rabâchées).
Dans le cas du rabbin, la nouvelle était sortie dans la presse israélienne, les médias du régime se sont donc sentis obligés d'en faire écho. Dans le cas de l'attaque du train, il y a tant de témoins qu'on ne peut pas non plus la passer sous silence.
Ce qui nous laisse penser que l'on nous cache des milliers d'actes de sauvagerie plus discrets, comme les fameux viols collectifs des banlieues.
La dépêche de presse est instructive à d'autres égards. Elle ne contient aucun détail concret sur les faits qui se sont déroulés. Il est question de "violences sexuelles" indéterminées; le mot VIOL n'est pas écrit. Aucune victime, aucun témoin n'est interviewé. La technique est éprouvée: utilisons des euphémismes abstraits, déshumanisons les victimes, abusons de la voix passive, ce qui suggère au lecteur qu'il a affaire à un phénomène complexe dont l'issue échappe à la volonté humaine. Les watchdogs sionistes des médias officiels ont montré à plusieurs reprises comment ces techniques médiatiques sont utilisées pour rendre compte des attentats du Hamas et autres en Israël --"Un militant a déclenché sa ceinture d'explosif dans un autobus, tuant dix personnes" -- tandis que les victimes des balles perdues de l'armée israélienne ont droit à un traitement empathique -- "le petit Mohammed ne se doutait pas que sa vie se briserait sous les balles de la haine...".
On ne nous expliquera pas non plus pourquoi il a fallu attendre 1h30 pour que la police intervienne, ni pourquoi deux pillards seulement ont été "interpellés".
Les Français n'ont droit qu'à une information a minima. La propagande du régime fait tout juste le nécessaire pour éviter de se discréditer aux yeux des imbéciles qui marchent encore avec elle. C'est presque comme si l'on ne nous disait rien de plus que "Avant-hier des incidents ont éclaté. Deux personnes ont été arrêtées."
Plus un fait divers est révélateur de l'état réel du pays, plus il faut s'attendre à ce qu'il soit traité avec opacité et laconisme. Une usine chimique qui explose, des pogroms antisémites ou antiblancs, l'attaque d'un train par des rebelles, ce genre de fait est exclu a priori de la doxa officielle. Cela ne peut pas avoir lieu, pas plus qu'un personnage qui déplaisait à Staline ne peut avoir existé, ni que l'état Turc ne peut avoir massacré un million d'Arméniens.
Ce qui retient la propagande officielle de pratiquer la franche censure négationniste, c'est la crainte de voir s'organiser des réseaux d'information paralèlles, notamment sur le web, où les gens posteraient leurs témoignages. Une fois de plus, Internet est un des derniers remparts de la démocratie.