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Zek II: L'exil intérieur

Tuesday, January 10, 2006

Derrida vs. Zarqaoui

Les tenants du "choc des civilisations" ne commettent qu'une erreur: croire que la civilisation qu'attaquent les djihadistes est l'Occident, comme en sont d'ailleurs convaincus ces mêmes djihadistes.
Si l'Occident se définit (de façon intentionnellement vague) comme un mélange d'éthique politique individualiste issue des Lumières (habeas corpus, liberté d'expression, propriété privée, égalité des droits...) et de morale judéo-chrétienne (libre arbitre, dix commandements...), alors la société qui prévaut à Paris, Barcelone ou San Francisco n'a rien d'occidental.
Elle ne partage avec l'occident que la localisation géographique et un certain niveau de vie matériel, qui est d'ailleurs l'unique chose que la population veut préserver face à l'offensive djihadiste.
La société dans laquelle nous vivons n'est pas occidentale, elle est postmoderne. Son fondement moral n'est pas le christianisme, mais le relativisme multiculturel. Son fondement politique n'est pas l'individualisme des lumières, mais le communautarisme politiquement correct.
La société postmoderne nie la nature humaine, réduite à une prétendue sensibilité victimaire, au point d'abolir la culture et la science. Elle rejoint par là la société islamique qui abolit la culture et la science au nom d'une nature humaine exacerbée jusqu'à la caricature, dans ses aspects guerriers, sexuels, et dans les relations de dominance entre les êtres.
La société postmoderne s'est substituée à l'occident qu'elle a détruit vers 1970. Dans une société postmoderne, la culture occidentale est plus ou moins proscrite, pas tellement mieux traitée que le christianisme dans les pays islamiques. Sapins de Noël et crèches sont bannis des écoles, les manuels scolaires sont de plus en plus expurgés de textes écrits avant 1970, les pièces de théâtre sont censurées parce qu'elles pourraient offenser tel communautarisme victimaire...
En terre d'Islam, les droits d'un individu dépendent de son sexe et de son appartenance à la Oumma.
Chez les PoMo, les droits d'un individu dépendent du degré de victimitude du groupe communautaire auquel il appartient. Le Code civil et la déclaration des droits de l'homme sont des textes anciens sans valeur juridique. La juge ne se demande pas qui a fait quoi, mais laquelle des parties est plus basanée que l'autre, quel organe sexuel ont-ils entre les jambes et quelles sont leurs préférences en la matière.
Le ressortissant Iranien n'a pas le droit de critiquer l'islam, mais le Français n'a le droit de critiquer ni l'Islam, ni l'homosexualité.
La seule chose que l'on a le droit de critiquer en terre PoMo, c'est l'Occident.
La seule chose que l'on n'a pas le droit de critiquer en terre d'Islam, c'est l'Islam (ce qui fait beaucoup vu que ce dernier prétend régir tous les aspects de l'existence).
Le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme en zone islamique, mais que vaut celui d'un homme, face à une femme, dans une affaire de viol ou de garde d'enfant, en zone PoMo?
Les femmes ne sont que spectatrices dans les mosquées, mais on s'apprête à fermer des entreprises et à mettre des travailleurs à la rue, en Norvège, parce que leur conseils d'administration ont une composition féministement incorrecte.
Les manuels coraniques sont expurgés de l'histoire pré-islamique, et les manuels scolaires PoMo sont expurgés de la majorité de textes pré-soixante-huitards, parce que ceux-ci véhiculent des stéréotypes soi-disant nuisibles. Personne ne prend la peine de nous expliquer en quoi ces stéréotypes sont nuisibles, ni même en quoi ils sont des stéréotypes. Si l'on se pose la question, on arrive à la conclusion que ces représentations sont proscrites parce qu'elles valident la nature humaine ou sont tirée de la culture occidentale.
Ainsi, il est impossible de représenter une mère dans un manuel PoMo, parce que cela "enferme la femme dans un rôle traditionnel, et blablabla et blablabla". Et comme il est impossible de représenter un homme dans un rôle de mère, au grand dam des auteurs de ces manuels, il n'y a tout simplement pas de mère dans ces manuels (il y a des plombiers et des pilotes de chasse, qui sont bien entendu des femmes). On voit mal pourquoi le fait qu'une femme se consacre à ses enfants est négatif, si ce n'est que cela a été le cas dans la grande majorité des cultures, des époques historiques, ainsi d'ailleurs que chez les primates et la plupart des mammifères. On comprend cependant très bien pourquoi avec de telles représentations, le taux de reproduction biologique de la société PoMo la conduit à une extinction rapide -- les mollahs de Téhéran et les Frères Musulmans en ont pris bonne note.
Lorsqu'un texte n'est pas censuré parce qu'il décrit la nature humaine, il l'est à cause de son contexte occidental, soi-disant offensant à l'égard des minorités victimes, dont on se demande pourquoi elles sont, supposément, si intolérantes (parce qu'elles ont beaucoup souffert, répond le PoMo). Donc, pas de contes de Noël, pas de trois petits cochons...j'ai lu dans un ouvrage américain qui décrit la façon proprement Orwellienne dont les manuels scolaires américains sont passés au crible de la police de la pensée, qu'il ne fallait pas y mentionner les montagnes, qui offensaient ceux qui vivent dans la plaine, et vice-versa, ni la chouette, animal tabou chez quelque obscure tribu indienne.
L'auteur faisait remarquer que les chouettes existent. Pour ne pas offenser un soi-disant groupe ethnique, le relativisme multiculturel victimaire en arrive à la négation pure et simple de la réalité objective.
Le Coran fait tabula rasa de tout autre livre, et la Sharia abolit tout autre mode d'existence.
Le Post-modernisme abolit le sens, parce que le sens exclut, et, dans un monde où il existe un grand nombre de "cultures", toutes supposées intolérantes et victimaires, il existe nécesssairement une "culture" offensée par cette exclusion. D'où l'abolition de toute expression, et ce n'est pas un hasard si, comme l'ont fait remarquer Sokal et d'autres, la loghorrée des penseurs post-modernistes est vide de sens. La fin du sens, donc la fin de la pensée, et la réduction du langage à un simple bruit blanc, pareil à de la soupe radiophonique, est au coeur de leur agenda politique.
Le nihilisme post-moderne n'a rien à envier au nihilisme islamique. Et bien entendu, ce dernier, en tant que l'un des groupes victimaires les plus actifs de la société PoMo, ne peut qu'y prospérer.

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