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Zek II: L'exil intérieur

Tuesday, January 03, 2006

Le premier janvier 2006, vers sept heures du matin, deux bandes de sauvages ont attaqué un train en gare des Arcs (Var) terrorisant les passagers et commettant un viol.
Les Français en ont été informés par une dépêche de presse le trois janvier en début d'après-midi, soit plus de quarante-huit heures après les faits.
Pourquoi ce fait grave, dont plusieurs centaines de personnes ont été témoins et/ou victimes, a-t-il été caché pendant deux jours?
Réponse: parce que le premier janvier à 7h00, il fait nuit. Cet acte de barbarie c'est donc déroulé dans la nuit du 31 décembre 2005 au 1er janvier 2006.
Or, les consignes du Politburo étaient claires: pas d'incidents majeurs pendant la nuit de la Saint-Sylvestre. La population déjà bien anesthésiée peut certes gober qu'une hausse de 30 % des incendies criminels de voitures n'est pas un incident majeur, à condition cependant de ne pas trop en rajouter. Une attaque de rebelles à la soudanaise ou à la nigériane, ça fait désordre dans le phare de la civilisation et des droits de l'homme. Surtout lorsqu'il s'agit de lever prématurément "l'Etat d'urgence" (à la suite de quelles menaces?) sous prétexte que "tout est rentré dans le calme".
Comme cela a déjà été le cas lors du tabassage (si ma mémoire est bonne) d'un rabbin, les autorités ont adopté la technique du délai. Comme le faisait observer Tolstoï, plus un acte est lointain dans le passé, plus il nous paraît inévitable; et plus il est inévitable, moins il est révoltant. De plus, le délai permet d'étaler artificiellement les faits divers pour les faire mieux apparaître comme des actes isolés, un des mots-clés de la novlangue irresponsable et autruchière de la république moribonde (et qui figure dans le top ten des expressions les plus rabâchées).
Dans le cas du rabbin, la nouvelle était sortie dans la presse israélienne, les médias du régime se sont donc sentis obligés d'en faire écho. Dans le cas de l'attaque du train, il y a tant de témoins qu'on ne peut pas non plus la passer sous silence.
Ce qui nous laisse penser que l'on nous cache des milliers d'actes de sauvagerie plus discrets, comme les fameux viols collectifs des banlieues.
La dépêche de presse est instructive à d'autres égards. Elle ne contient aucun détail concret sur les faits qui se sont déroulés. Il est question de "violences sexuelles" indéterminées; le mot VIOL n'est pas écrit. Aucune victime, aucun témoin n'est interviewé. La technique est éprouvée: utilisons des euphémismes abstraits, déshumanisons les victimes, abusons de la voix passive, ce qui suggère au lecteur qu'il a affaire à un phénomène complexe dont l'issue échappe à la volonté humaine. Les watchdogs sionistes des médias officiels ont montré à plusieurs reprises comment ces techniques médiatiques sont utilisées pour rendre compte des attentats du Hamas et autres en Israël --"Un militant a déclenché sa ceinture d'explosif dans un autobus, tuant dix personnes" -- tandis que les victimes des balles perdues de l'armée israélienne ont droit à un traitement empathique -- "le petit Mohammed ne se doutait pas que sa vie se briserait sous les balles de la haine...".
On ne nous expliquera pas non plus pourquoi il a fallu attendre 1h30 pour que la police intervienne, ni pourquoi deux pillards seulement ont été "interpellés".
Les Français n'ont droit qu'à une information a minima. La propagande du régime fait tout juste le nécessaire pour éviter de se discréditer aux yeux des imbéciles qui marchent encore avec elle. C'est presque comme si l'on ne nous disait rien de plus que "Avant-hier des incidents ont éclaté. Deux personnes ont été arrêtées."
Plus un fait divers est révélateur de l'état réel du pays, plus il faut s'attendre à ce qu'il soit traité avec opacité et laconisme. Une usine chimique qui explose, des pogroms antisémites ou antiblancs, l'attaque d'un train par des rebelles, ce genre de fait est exclu a priori de la doxa officielle. Cela ne peut pas avoir lieu, pas plus qu'un personnage qui déplaisait à Staline ne peut avoir existé, ni que l'état Turc ne peut avoir massacré un million d'Arméniens.
Ce qui retient la propagande officielle de pratiquer la franche censure négationniste, c'est la crainte de voir s'organiser des réseaux d'information paralèlles, notamment sur le web, où les gens posteraient leurs témoignages. Une fois de plus, Internet est un des derniers remparts de la démocratie.

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