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Zek II: L'exil intérieur

Thursday, February 02, 2006

Pourqoi l'élite nous trahit

Le représentant de l'élite est journaliste, universitaire, ou haut fonctionnaire. Il n'a souvent pas d'enfants, ou bien vit dans une famille recomposée avec des lardons pour lesquels il éprouve peu de sympathie. Ou encore, il a des enfants mais ceux-ci sont "brillants". Ils fréquentent les bons lycées, les bonnes classes des bons lycées, et les bonnes options des bonnes classes des bons lycées, grâce aux connaissances précises de leurs parents sur la carte scolaire et les moyens d'obtenir des passe-droits, et comme élèves brillants ils feront leur vie à Singapour, Shangaï ou San Francisco.
Ce que vivront les générations futures sur le sol de France est donc de peu d'intérêt pour notre représentant de l'élite. Il ne va pas s'empoisonner la vie à transmettre nos valeurs et nos institutions à ces générations. Car dans notre foutoir post-moderne où le plus con gagne, cela impliquerait d'envoyer paître la meute des tribus acharnées contre la liberté au nom de leurs droits spécifiques, avec tout ce que cela comporte de -- suivant le degré de violence du groupe dont il s'agit -- menace, délation, harcèlement, agression, émeutes et attentats.
Pourquoi s'embêter à défendre la liberté d'expression alors qu'à titre personnel on ne professe que des opinions autorisées, insipides et pour tout dire citoyennes, et que l'on ne court donc aucun risque à bêler avec le troupeau?
Pourquoi lutter contre le clientélisme et la corruption quand il s'agit de l'argent des autres?
Pourquoi imposer la justice et l'état de droit quand les victimes sont de l'autre côté du boulevard périphérique?
Réponse: pour que les générations futures héritent d'une société digne, où l'on puisse débattre librement de ce que bon nous semble et se déplacer comme on veut sans avoir à garder l'index sur la gâchette de sa kalachnikov. Ce qui ne concerne nullement l'élite postmoderne qui a coupé le lien avec ces générations.
L'élite désire ce qu'elle prône dans ses éditoriaux du Monde et du Nouvel-Obs: une fin de vie sans douleur, entre le festival d'Avignon, la maison du Perche à 50 mn de TGV, les voyages ludo-culturels à Angkor Vat -- ou du moins ce que les khmers rouges en ont laissé -- et Volubilis, plus quelques moments de détente gastronomique, entre amis, à l'occasion de quelque RTT ou autre viaduc du mois de mai, quand ce n'est pas par solidarité avec les enseignants-grévistes défendant leur statut.
L'élite crève de trouille que les lobbies et les tribus -- et plus spécialement, mais pas uniquement, la racaille et ses éminences grises islamistes -- plongent le pays dans le chaos et que la perspective d'une agréable fin de vie sans douleur soit remplacée par celle de la mort violente. Alors l'élite cède, cède, cède et re-cède encore, et déguise sa colossale frousse sous une tolérance à deux balles, qui prétend payer encore et toujours pour "lutter contre les discriminations", mais surtout, ils l'avouent vite dès qu'on les titille un peu, pour éviter une "explosion sociale" et "que ça soient les voitures des centre-villes qui brûlent" (en quoi serait-ce un problème?); qui, parce que la tolérance ça consiste à ne pas "offenser les sensibilités", et surtout pas celles des provocateurs totalitaires, traduit en "justice" tout ce qui affirme quelque chose d'un peu dangereux, c'est à dire en particulier la vérité, de sorte que le citoyen français doit désormais approuver sans réserve l'homosexualité, idôlatrer le prophète mahomet, s'interdire de compter les morts en déportation de la seconde guerre mondiale, ou de se demander combien de journalistes sont Juifs et combien de gens dans cette queue au guichet de l'aide sociale sont Roumains ou Albanais...mais puisque c'est ce que fait spontanément le représentant de l'élite, pourquoi ne pas acheter sa tranquillité au prix de la liberté des autres?

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