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Zek II: L'exil intérieur

Sunday, February 05, 2006

Un boulevard pour la Charia

Les réactions du gouvernement français et tout particulièrement du ministère des affaires étrangères se passent de commentaires.
On savait déjà que le gouvernement français était opposé à la liberté d'expression.
On sait maintenant que c'est en partie parce que celle-ci est incompatible avec la charia islamique.
On voit mal comment une classe politique qui vote à l'unanimité une loi interdisant de critiquer l'homosexualité, peut expliquer aux musulmans qu'on peut tranquillement se moquer de leur prophète. Et on se demande comment elle pourra les empêcher de contracter des mariages polygames le jour où le mariage homo assorti de droit à l'adoption sera passé dans les moeurs.
Si le musulman interprète correctement les signaux qui lui indiquent qu'il vit dans un état policier où les paroles des citoyens sont surveillées sous prétexte de ne pas heurter les sensibilités (ce qui conduit in fine, comme je l'ai déjà indiqué, à l'abolition de toute expression ayant un sens), alors il peut à bon droit s'estimer discriminé si l'on ne réprime pas les idées qui, selon ses propres termes, seraient blessantes à son égard.
Si les associations homosexuelles imposent leur propre définition de l'homophobie dans une loi qui réprime un délit d'opinion, alors il est logique que l'on confie aux leaders religieux la prochaine loi interdisant le blasphème, et les Frères Musulmans se feront un plaisir d'y inclure un copié-collé du Coran et de la Sunna. Voilà où on en est arrivé au pays de Voltaire, et la complaisance suicidaire des représentants juifs et chrétiens, qui font des courbettes devant le Hamas, dans l'espoir chimérique de profiter eux aussi de leur petite loi sur mesure, est proprement consternante. Ce n'est pas une loi anti-blasphème qui empêchera les fans locaux du Hamas de tabasser les rabbins et d'incendier les églises. On ne pourra que les consoler en leur disant que les cons n'ont que ce qu'ils méritent.
Le postmodernisme politiquement correct crée naturellement une concurrence des communautarismes pour dépecer l'état de droit. Une violation du droit ne peut être définie objectivement pour la société postmoderne, puisque celle-ci nie la réalité objective. C'est donc le discours de la prétendue victime et non les faits qui définit l'offense. Ce sera donc le plus tartuffesque, le plus identitaire, le plus intolérant et le plus suceptible qui empochera le jackpot des prébendes et des passe-droits et qui pourra baillonner les autres.
Il y a d'ailleurs un parallèle entre ce phénomène et la stratégie, fréquente dans les sociétés égalitaires et collectivistes, qui consiste à se faire passer pour le plus improductif, le plus impotent et le plus débile pour bénéficier des allocations convoitées.
Les islamistes ont parfaitement compris ces règles du jeu et ils sont les meilleurs à le jouer. S'ils n'y avait pas ici, les lois style Gayssot qui engraissent les associations liberticides, et autres procès à répétition pour avoir dit ceci ou cela; ni, de l'autre côté de l'Atlantique, la répression sexuelle et idéologique qui s'exerce sur les campus (et dans les médias) dans le cadre des "identity politics", l'affaire des caricatures n'aurait jamais pu être orchestrée. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la presse des pays anglo-saxons, là où le politiquement correct a fait le plus de ravages, s'est honteusement couchée devant ses nouveaux maîtres islamiques--tout en considérant bien entendu que les appels aux meurtres et les menaces sanglantes vociférées par les barbus dans les manifs londoniennes n'offensaient personne.
La gauche occidentale a cru imposer à son profit un nouveau code moralitaire. Ce code lui pète à la gueule en étant instrumentalisé par l'idéologie la plus réactionnaire et intolérante de la planète, qui se propose tout simplement de rétablir la loi du plus fort.

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