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Zek II: L'exil intérieur

Sunday, March 12, 2006

Munichs quantiques

"Elles" ont eu sa peau. Le président de Harvard, Larry Summers, économiste notoire et ancien ministre de Clinton, a été contraint de démissionner. Son crime? Avoir émis des opinions non féministes. A savoir s'être demandé si le fait qu'il y ait moins de femmes que d'hommes au plus haut niveau de la recherche en sciences dures n'était pas dû à des différences intrinsèques entre les premières et les seconds. (On notera qu'à ce niveau de compétences, les spécialisations scientifiques sont nettement moins rétribuées que le droit ou la médecine, où les femmes sont bien mieux représentées; en quoi la surreprésentation des hommes dans les sciences dures est-elle donc un problème?)
Depuis ces remarques -- fondées pourtant sur des évidences, telles le fait que la distribution de QI chez les hommes est plus dispersée que chez les femmes, d'où la plus grande proportion d'hommes chez les génies ainsi que chez les crétins congénitaux -- la vie de Larry Summers n'a été qu'un chemin de croix fait d'excuses officielles et de créations de postes de vice-doyennes chargées de la diversité et de la discrimination positive, jusqu'au jour où le couperet est tombé: ni la vérité objective, ni la liberté d'opinion, ni l'excellence scientifique ne sauraient tenir face au female power. On n'a décelé aucun mouvement de protestation et encore moins de démission au sein du corps professoral Harvard, y compris dans les départements les plus rigoureux. Et pour cause, prendre parti publiquement pour la victime des apparatchiques féministes, c'est se vouer à une mort académique instantanée. Le limogeage de Summers marque un tournant dans l'histoire de la dégradation de la société occidentale en un matriarcat animiste, tartuffesque et dictatorial. La vraie question qui subsiste est: pourquoi quiconque continuerait à payer 40,000 $ par an pour étudier dans un tel temple de la chasse aux sorcières, de la bigoterie et du mensonge?
La racine du mal remonte à il y a plus de trente ans, quand après l'explosion de la contestation des années soixante, les universités américaines ont donné des gages à la néo-gauche, en promouvant l'affirmative action et la mise en place de pseudo-disciplines telles que les Women's studies, les African-American studies, et bien entendu les Gay, Lesbian, and Transgendered studies, auxquelles ont peu ajouter le dévoyage par l'idéologie de disciplines telles que Middle Eastern studies. La référence absolue en la matière est David Horowitz dont on peut lire les articles sur le site sioniste, néo-con et pestiféré Frontpage magazine.
Donc, pendant des décennies les universités américaines ont embauché des pléthores de pseudo-intellectuels médiocres, ignorants de la réalité et de l'honnêteté scientifique, et dont la principale activité était l'agitation gauchiste sur les campus. Par ces multiples compromissions que je qualifierai de "Munichs quantiques", l'establishment espérait calmer les étudiants, tout en donnant un os à ronger à ces parasites hystériques et incompétents, pour réduire leur pouvoir de nuisance. Trente ans plus tard, le système universitaire américain est totalement noyauté et l'on peut pronostiquer sa prochaine mort cérébrale. Les idéologues médiocrates ont pris le pouvoir et après avoir anéanti toute expression politique susceptible de leur déplaire, ils peuvent se lancer à l'assaut de la vérité scientifique et museler toute recherche dont les résultats ne cadrent pas avec leur vision du monde. Ce n'est pas tant à cause de ses propos publics que Summers a été limogé mais parce qu'il a entrepris une courageuse campagne pour débarrasser Harvard de certains fémino-gauchistes ignares et aigris, impliqués à temps plein dans l'endoctrinement des étudiants et l'activisme anti-occidental. L'autre aspect des choses, c'est que les universités de la Ivy League, repues et endormies sur leurs lauriers, ne font face à aucune pression compétitive. En cela, elles sont pareilles à nos grandes écoles, HEC, Sciences Po, Ena... leur diplôme est un passeport, et les fils et filles à papa de Newport et Long Island s'y pressent, quel que soit le contenu des études (à vrai dire indigent en premier et second cycles). Il est clair que sans cette rente de situation, le cheval de troie féministe aurait conduit à une désertion massive des étudiants. Malheureusement les choses ne se sont pas passées ainsi, et comme ces universités font figure de modèles, la gangrène politiquement correcte s'est étendue à l'ensemble du système. Et l'élite dirigeante est sur le point d'être dévorée par le crocodile qu'elle a nourri.
Chez nous, en France, des causes similaires produisent le même genre d'effets. Le syndicalisme soixante-huitard contrôle largement les rouages de l'université. Des présidents d'Université outrepassent honteusement leurs prérogatives pour mettre d'office en grève leurs employés, afin d'annuler une loi légitimement votée par les représentants du peuple. Si la question qui se pose à Harvard est: pourquoi limoge-t-on un président d'université, celle qui se pose ici est: comment devient-on président d'université?
Je ne connais pas tous les détails, mais je sais que les présidents d'université sont élus par l'ensemble des "membres de la communauté universitaire", c'est à dire les professeurs, les chercheurs, les techniciens, les secrétaires, les appariteurs, les plantons, les informaticiens, les femmes de ménage, les dames-pipi, et les étudiants, quels que soient leur filière et leur niveau scolaire (un peu comme si les touristes de Benidorm en élisaient le maire). Bref, un parfait petit soviet, un bouillon de démagogie crasse et d'égalitarisme à trois kopecks. Mais, bien entendu, cela n'a pas toujours été le cas. Il fut un temps où les présidents d'université étaient élus par les seuls professeurs. Ce qui est discutable mais en accord avec le fait qu'un établissement d'enseignement supérieur est un endroit par nature élitiste, où le statut de chacun dépend de la respectabilité de ses productions intellectuelles. Puis vint la gauche qui, à travers Saint Lionel, donna aux nettoyeurs de vitres et à n'importe quel branleur, les mêmes droits qu'à Laurent Schwartz et Pierre-Gilles de Gennes. Pas étonnant que dans ces conditions, on se retrouve avec des présidents du niveau civique et intellectuel de celui de la fac de Nantes (et il n'est pas le seul). Mais ce qui est véritablement critique dans cette histoire, c'est que la droite qui a été au pouvoir 2+4+4 = 10 ans depuis le fatidique 10 Mai 1981, n'est jamais revenue sur ces mesures. Et la voilà, avec ce lourd passif de munichs quantiques qui ne lui ont valu qu'une paix précaire, également prête à se faire dévorer par le crocodile.

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