.comment-link {margin-left:.6em;}

Zek II: L'exil intérieur

Tuesday, July 11, 2006

Les pathétiques réactions à l"'affaire Zidane" sont bien emblématiques de la dégénerescence des valeurs de la France actuelle. On assiste à une véritable explosion de culture de l'excuse au profit du "héros national", "humain", etc...pas une personne pour rappeler que le "héros national humain" s'est rendu coupable d'une agression physique, c'est à dire d'un acte illégal passible d'une condamnation par un tribunal, voire de la prison.
Instinctivement, on prend parti pour l'agresseur, contre l'agressé, et cela au nom de la morale. Une officine moralitaire, "anti-raciste", se mobilise contre la victime, l'accusant sans le moindre début de preuve, et cela uniquement parce que la victime est "blanche" et l'agresseur "arabe". Tout le monde s'interroge sur la gravité, non pas du geste de Zidane, mais du "facteur déclenchant", la fameuse "insulte" de Materazzi. Personne, bien entendu, ne se demande s'il n'y aurait pas un "facteur déclenchant" au "facteur déclenchant": qu'a fait Zidane pour que Materazzi l'insulte? Et ainsi de suite...
L'"affaire Zidane" est un de ces nouveaux "hadiths" qui fondent la société anti-raciste, celle où l'on peut impunément tabasser quelqu'un (pour commencer) en l'accusant de raciste.
C'est d'ailleurs exactement l'avis d'une organisation tribale et ethnique, honteusement autoproclamée "représentative" (on espère bien que non), et qui est visiblement incapable de se mettre dans la peau d'un ménage modeste voyant sa voiture partie en fumée, ou d'une femme des classes laborieuses se prenant un coktail molotov dans l'autobus où elle se trouve, sinon ils réfléchiraient un peu plus avant d'attiser la haine inter-ethnique et la guerre civile en écrivant de pareilles choses:
Pardon à Zidane: le Cran fustige un deux poids deux mesures
avec la banlieue12.07.2006 14:06Le Conseil représentatif des associations noires
(Cran) a dénoncé mercredi un "incroyable +deux poids, deux mesures+" entre
Zinédine Zidane et les jeunes de banlieue, le geste de violence de l'un étant
pardonné tandis que les autres sont confrontés à l'inflexibilité des
autorités.Selon le Cran, "des circonstances atténuantes et un pardon national
ont aussitôt été accordés à Zidane" après son violent coup de tête dans le torse
d'un adversaire italien, Marco Materazzi, dimanche en finale du Mondial perdue
par la France face à l'Italie."Pourquoi les actes de violence des jeunes de
banlieue dénués de tout, vivant dans des ghettos, subissant quotidiennement
discriminations raciales, contrôles au faciès et cumulant parfois problèmes
familiaux et scolaires, pourquoi ceux-là seraient-ils incompris et
impardonnables?", interroge l'association. (...) Dans ce communiqué intitulé "la
plupart des Bleus sont noirs, la plupart des Noirs sont discriminés", le Cran
appelle par ailleurs les joueurs de l'équipe de France, à l'exemple de Lilian
Thuram, à "mouiller leurs maillots pour refuser haut et fort, de manière
radicale, le racisme en général".Le Cran se félicite du parcours des Bleus,
"formidable plaidoyer d'espoir". "La volonté et la solidarité des joueurs de
l'équipe des Bleus sont un magnifique exemple et symbole de ce que la diversité
peut engendrer de meilleur", selon le texte. (AFP)
Espérons qu'à la lecture de ce texte hallucinant, les thuriféraires du Héros National Humain comprendront le gouffre vers lequel ils nous poussent. Ou bien faut-il attendre qu'un de leurs enfants perde un oeil lors de la prochaine manifestation syndicalo-festive contre une quelconque réforme de la protection sociale ou du du Mammouth?
Pendant ce temps, "pas d'amnistie pour les auteurs de violences conjugales"; plus que jamais on juge les gens en fonction de la couleur de la peau, de leur sexe et de leurs préférences sexuelles, et non en fonction de leurs actes.